Hasardeuse justification de non publication
Jeudi 3 avril 2008 à 12:55

My goodness (my guiness)
J’ai dépassé ma deadline auto-infligé d’un post minimum par semaine.
Bon et bah tant pis.Oui tant pis car, pff c’est fatiguant.
Je veux dire, j’essaye de faire en sorte que ce blog même très lightement lu ait un sens, une direction, un contenu, allez tentons le, une ligne éditoriale.
Et bah c’est compliqué.
Forcément pas simple car j’essaye avant de poster de me poser 3 éliminatoires questions :
- est ce que c’est de la tranche de (ma) vie dont tout le monde se fout ?
- est ce que j’apporte du sens et/ou de l’info ?
- est ce que tout le monde ne le sait pas déjà ?

Et c’est là, précisément sur ce dernier point d’interrogation que se fonde la décision de publication. Car fondamentalement, en fait, tout le monde répète tout le monde.
Donc quelque part c’est une fausse question, car si je parle d’un truc chouette qui je pense peut intéresser, par exemple Rodrigo & Gabriela, et bien tout le monde connaît déjà puisque certains médias en ont parlé.
Oui mais pas tous, donc tout le monde ne le sait pas (encore).

C’est bien toute la difficulté de notre nouveau schéma comunicationnel global.
Vite la suite >>

Avant (et encore un peu aujourd’hui) c’était simple, une information, un grand média, tout le monde est au courant. Communication point-masse.
Nowadays, une information, un ou 2 blogueurs “influents” au courant, puis d’autres, puis d’autres, puis un webzine collaboratif, puis un média indépendant, puis d’autres blogueurs, puis un ou deux grands médias. Communication point-point-point…

Alors forcément, l’utopique problématique “j’aimerais partager des choses qu’on ne voit pas ailleurs et dont peu de gens parlent”, est impossible à résoudre.
Dans ce cas-la, ne postons pas.
Ou si, et pourquoi ?
Et pourquoi pas ?


g

  1. Sylvère
    3 avril 2008 à 14:47

    Mais oui poste !
    Personnellement, je ne regarde pas la télé, je ne lis pas les journaux (j’ai juste les quelques flux RSS du Monde.fr qui m’intéressent), pire, je me suis rendu compte qu’on avait changé d’heure en surfant sur un blog…
    Donc n’ayons pas peur de nous répéter, ça ne coûte rien, ça apprend des choses à certains, ça rafraichit les mémoires des autres, et voilà.

  2. barth
    6 avril 2008 à 18:43

    Pas convaincu par ta classification point-point-point. Médias de masse pas morts, loin s’en faut. Et même de plus en plus dominants, j’aurais tendance à dire: avant c’était simple (et c’était mieux, ne l’oublions pas); les trois quarts de la population ne s’intéressaient tout simplement pas aux troubles nationaux zet internationaux. Les infos arrivaient par les élites (le curé, le maire, l’instituteur) déjà mâchées par la hiérarchie de départ, redigérées par l’intermédiaire pour usage local; par ailleurs les infos locales (le Roger vend sa ferme parce que sa femme est partie avec le facteur) diffusaient de point à point, de voisin en voisin, au bistro, au marché et au lavoir.

    Ce qui a changé: depuis la télé, tout le monde a accès à - et quasiment tout le monde regarde - la même chose, le média de masse est donc devenu un véritable pouvoir, parce qu’il met tout le monde d’accord, sinon sur la réponse, au moins sur la question. C’est la télé qui décide que je dois m’intéresser à la vie sexuelle de mon président et ça arrange vachement ledit président qu’on parle pas de la situation économique pendant qu’on décide si on est pour ou contre l’infidélité à la tête de l’Etat, ou qu’on explique à longueur de colonnes à quel point on s’en fout et pourquoi. Pour avoir pas mal donné dans le média alternatif, et toi aussi, tous les blogs de la Terre peuvent tenir une ligne très originale pendant des années, ça n’intéressera (et encore, c’est pas sûr) que leurs douze lecteurs, et si scoop il y a, ce sera parce que le scoop montera d’un cran en légitimité, en étant diffusé sur rue89 par exemple. Mais rue89 c’est pas encore PPDA. (juste pour enfoncer le clou: comment se fait-il que Chirac ne soit pas en prison? Et l’accident de moto de Coluche, il tombe pas au meilleur moment possible?)

    Bref.

    Jeronimo déprimé, suis-je ou ne suis-je point blogueur?

    Mais que se cache-t-il derrière cette appellation de blogueur? Ne serais-tu pas en train de devenir un patron de presse, tout bonnement? Avec des lecteurs réguliers (tes potes), des lecteurs occasionnels (des surfeurs), une ligne éditoriale qui se dessine, entre interrogation métaphysico-de-comptoir, tranche de ta vie et actu culturelle décalée (tendance branchouille).

    Or quel est le premier commandement du patron de presse? Faire baisser les coûts.

    Bon d’accord, quel est le deuxième commandement du patron de presse? Satisfaire le lecteur pour continuer à vendre. Ce qui implique qu’un bon patron de presse sait ce que son lecteur aime. Mais pas n’importe quel lecteur. Le lecteur qui lit vraiment ce que produit le patron de presse.

    Donc le bon patron de presse ne s’occupe pas de baisser les coûts et de satisfaire le lecteur, il s’occupe de mal payer les journalistes qui écrivent pour lui et de satisfaire les gens qui achètent effectivement sa feuille.

    Si tu veux un blog qui continue à plaire à tes lecteurs, continue à faire ce qu’ils aiment, c’est-à-dire ce à quoi ils réagissent le mieux (et le plus), et donc pour l’instant, apparemment, la touche métaphysico-de-comptoir prend une longueur d’avance.
    (en fait si je reprends mes histoires que c’était mieux avant, tu serais plus à la place du patron de bistro chez qui on échange du local - notre local étant plutôt culturel que géographique, c’est là-dedans que se construit notre homogénéïté à nous, tes potes-lecteurs; bref; qu’à la place du patron de presse, mais c’est moins noble, et ça change pas fondamentalement l’analyse; un bon patron de bar entretient une suite d’évènements et des sujets de conversation qui dessinent une identité au bar)

    Tout ça pour dire que change rien.

    Merci à ceux qui ont lu jusqu’au bout, vous feriez mieux d’aller bosser, bande de feignants.

    Tchô

  3. barth
    6 avril 2008 à 18:44

    soit dit en passant, ton blog est encore à l’heure d’hiver…

  4. Shanodyn
    9 avril 2008 à 15:45

    Bon, c’est pénible de passer après Barth parce qu’il a beaucoup écrit et pas que des conneries (pour utiliser un euphémisme). Donc, je suis globalement d’accord avec toi.

    Mais pour que mon commentaire ne soit pas totalement inutile, je dirais ceci :
    - d’abord, c’est ton blog donc, tu y fais ce que tu veux.
    - Une ligne éditoriale ? haha… On n’a jamais été capables, tous autant qu’on est d’en avoir une…
    - Une ligne éditoriale ? haha… A quoi ça sert ?
    - Une ligne éditoriale ? Oui, t’en a forcement une, vu que tu es l’unique rédacteur de ton blog, donc, ce que tu es définit ce que tu écriras et automatiquement tu l’as ta ligne éditoriale… Non ?
    - Moi, j’adore la tranche de vie. Tout mes articles sont au moins un peu tranche de vie (et je m’en fiche que ça n’intéresse qu’un pelé quelque part vu que j’écris pour moi, premier intérêt du blog, non ?)
    - Et si tout le monde le sait, tout le monde n’a pas forcement le même point de vue que toi, donc, quand tu écris, tu apportes forcement un truc…

    P.S : j’ai lu cet article chez moi, j’avais pas le temps d’y répondre donc, je le fais depuis la salle de cours (c’est beau la technologie) et entre temps j’ai oublié ce que je voulais dire donc, j’ai surement oublié un truc capital… hum…

g

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